HAMILTON A CONJURé LA PEUR DE NE PLUS JAMAIS GAGNER EN F1

Neuf cent quarante-cinq jours après, Lewis Hamilton a finalement triomphé à nouveau en Formule 1. Le Britannique a beau être toujours largement en tête des statistiques les plus marquantes de la F1, parfois à égalité avec Michael Schumacher mais souvent seul loin devant, les deux ans et demi sans la moindre victoire constituaient une anomalie particulièrement notable dans sa longue carrière. D'autant plus que le précédent succès du pilote Mercedes remontait au GP d'Arabie saoudite 2021, une semaine avant l'épisode désormais trop bien connu d'Abu Dhabi et ce huitième titre qui lui a échappé au dernier moment dans des circonstances pour le moins troubles.

C'est tout cela qui a semblé, au moins en partie, voler en éclats au moment de franchir la ligne d'arrivée ce dimanche à Silverstone. L'émotion de Hamilton était palpable et audible à l'heure d'entamer le tour d'honneur devant son public, qui a eu le privilège de le voir le plus souvent sur la plus haute marche du podium. Car au-delà de la conclusion de la saison 2021 et de la disette qui a suivi, c'est finalement la peur de ne plus jamais être au niveau pour l'emporter qui était conjurée pour de bon.

"C'est différent des victoires précédentes, en particulier... lorsque vous enchaînez les épreuves, ou les saisons où les victoires se succèdent", a déclaré Hamilton. "[C'est différent en raison] de l'adversité que nous avons traversée en tant qu'équipe et que j'ai personnellement ressentie, que j'ai vécue, ces défis, le défi constant de devoir se lever chaque jour pour donner le meilleur de soi-même. Et, vous savez, il y a beaucoup de fois où vous avez l'impression que donner le meilleur de vous-même ne suffit pas."

Quand je suis revenu en 2022, je pensais que j'avais tourné la page [d'Abu Dhabi 2021]. Je sais que ce n'était pas le cas.

"Et [il y a] la déception que l'on peut parfois ressentir. Nous vivons à une époque où la santé mentale est un sujet très important. Et je ne vais pas mentir, je suis passé par là. Et il y a assurément eu des moments où j'ai pensé que c'était fini, que ça [la victoire] ne se reproduirait plus. Alors éprouver ce sentiment en franchissant la ligne... Je pense honnêtement que je n'ai jamais pleuré après une victoire. C'est sorti de moi. C'est un sentiment très, très agréable. J'en suis très, très heureux."

Quand Motorsport.com lui a demandé si ce succès pouvait constituer la dernière pièce du puzzle permettant de définitivement mettre Abu Dhabi 2021 derrière lui, le septuple Champion du monde de répondre : "Je pense que seul le temps nous le dira. Ce que je peux dire, c'est que je n'abandonne pas. J'ai l'impression de prendre les bonnes décisions dans ma vie, dans ma façon de me préparer et de gérer mon temps, la décision que j'ai prise, par exemple, pour l'année prochaine, l'implication que j'ai toujours envers cette équipe et l'amour que j'ai toujours pour elle, et l'amour que j'ai toujours pour mon travail. J'aime vraiment, vraiment ce travail. Et il n'y aura jamais rien qui s'en rapproche. Et c'est quelque chose dont je suis incroyablement reconnaissant, d'être parmi ces 20 pilotes au sein de cette formidable discipline qui vit une période si importante."

"Honnêtement, quand je suis revenu en 2022, je pensais que j'avais tourné la page", a-t-il reconnu, lui à qui d'aucuns avaient prêté des envies de retraite durant l'intersaison 2021-2022. "Je sais que ce n'était pas le cas et il m'a fallu beaucoup de temps pour guérir de ce genre de sentiment. Et c'est tout à fait naturel pour quiconque a vécu cette expérience. J'ai continué à essayer de travailler sur moi-même et à trouver la paix intérieure jour après jour."

Après sa victoire, Hamilton a longuement communié avec sa famille, d'abord dans une étreinte avec son père, Anthony - qui n'était pas sans rappeler celle au soir de la conclusion de la saison 2021 -, durant laquelle il n'a pu contenir de nouvelles larmes, puis avec sa mère Carmen Larbalestier, qui a essuyé les joues humides de son fils. Des moments finalement rares pour celui qui, à 39 ans, a accumulé 104 succès mais dont celui de Silverstone 2024 restera comme le plus chargé en émotions à ce jour.

"Oui, [cette victoire est émotionnellement différente des autres]. Mes parents sont venus assister à des courses ici et là : ma mère était là quand nous avons gagné un championnat, mon père était là quand nous avons gagné un championnat. C'était toujours à un moment différent de la vie. Le premier Championnat du monde, vous savez, était incroyable, mais il était vraiment difficile d'absorber tout ça à l'âge que j'avais."

"Je crois que ce week-end... Dans la vie, vos parents vieillissent, nous voyageons énormément. Le temps passé en famille est un défi permanent. Ma nièce et mon neveu grandissent et deviennent de plus en plus mignons. Mais ils étaient ici ce week-end, et je pense qu'ils ont tous... Nous essayons tous d'être là les uns pour les autres, même à distance. Je sais que j'ai toujours leur soutien, mais pouvoir les voir là et partager cette expérience... Ils voulaient assister à ma dernière course, au dernier Grand Prix de Grande-Bretagne avec cette équipe qui a été si incroyable pour nous. Mercedes me soutient depuis que j'ai 13 ans. C'est donc certainement ce qui compte le plus aujourd'hui, de les voir là et de pouvoir partager cette expérience avec eux."

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